Vue de l'intérieur

Histoire & Architecture

 

Histoire

L’Histoire de la Synagogue des Tournelles épouse celle des juifs de France : sa construction est décidée sous Napoléon III et sera achevée peu après la fin de son règne.

La Synagogue des Tournelles symbolise à l’instar de celle  de  la rue de la Victoire, l’intégration des juifs de France dans la Société et l’Economie en pleine expansion du second Empire (Banque, Industrie, Presse…), après que Napoléon 1er ait lui-même introduit la première pierre de cette intégration avec la création du Consistoire.

La  Synagogue des Tournelles est édifiée à la place d’une ancienne synagogue détruite par un incendie, ce qui va laisser la possibilité aux architectes d’imaginer un bâtiment pleinement intégré au Paris Haussmannien alors en train d’émerger. Toutefois, l’intégration a ses limites car l’impératrice a refusé que l’entrée principale de  Synagogue des Tournelles se situe sur une place royale (Place des Vosges). La construction du bâtiment est donc inversée en plaçant la façade principale sur la petite rue des Tournelles et réservant dans un premier temps l’hôtel particulier du 14 Place des Vosges aux locaux administratifs et au logement du Grand Rabbin de France avant que ce dernier devienne, à son tour, une seconde synagogue dite « Temple des Vosges » au milieu des années 1960. Pour la curiosité historique, il convient de rappeler que l’hôtel particulier qui prolonge la  Synagogue des Tournelles sur la place des Vosges correspond à l’ancienne mairie de quartier du IVème arrondissement, avant son déplacement place Baudoyer. Ce bâtiment conserve, en toiture, un beffroi et son monumental escalier intérieur qui rappellent sa première destination. Les décors d’origine sont conservés au musée Carnavalet de la ville de Paris.

C'est ainsi que le 15 septembre 1876, la Synagogue des Tournelles est consacrée au culte de rite achkénaze.

Avec la défaite de Sedan et la perte par la France des départements d’Alsace et de Lorraine, la Synagogue des Tournelles devient le lieu d’accueil et de culte des juifs alsaciens rejoints bientôt par de nombreux juifs d’Europe de l’Est fuyant les pogroms dans leur pays d’origine (Pologne, Russie Tsariste, …).

La Synagogue des Tournelles restera ouverte, sans discontinuité, pendant toute l’occupation, sous la seconde guerre mondiale, mais fut victime d’un attentat dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941, organisé par le mouvement social révolutionnaire (MSR), parti d’extrême droite fondé par Eugène Deloncle.

La  Synagogue des Tournelles traverse difficilement cette période mouvementée de son histoire, puisque sa fréquentation baisse au lendemain de la seconde guerre mondiale : ses fidèles et leur Rabbin ayant été décimés par l’Holocauste.

Diriger une communauté composée de personnes blessées par l’histoire (victimes de la shoah d’un côté, déracinés ayant laissé derrière eux maisons, synagogues et morts de l’autre) est un exercice difficile mais réussi avec brio par l’éminent Rabbin Fingerhut. Né en 1908, ce Rabbin est originaire d’Europe de l’Est avant de devenir Rabbin en Algérie et d’y épouser sa femme. Cette double attache fut un atout qui lui permit de gérer cette période de transition difficile et de tisser des passerelles entre les rites, avant de décéder brutalement en 1962.

Après la guerre, le minyan (quorum de 10 personnes) étant difficilement réuni, la fréquentation va progressivement évoluer avec l’arrivée d’une nouvelle et nombreuse communauté qui, à l’instar des juifs alsaciens, va quitter sa terre d’origine avec les événements puis l’indépendance de l’Algérie.  

De 1948 à 1960, le dernier Rabbin achkénaze sera le Docteur Israël Feuerwerker qui deviendra par la suite Grand Rabbin de Montréal.

En 1958, à l’initiative d’Edmond Cohen Ténoudji (zal, président d'honneur de la Synagogue) et du Baron de Rothschild, la Synagogue des Tournelles est affectée au rite séfarade "constantinois". Ainsi, les juifs d’Algérie vont progressivement prendre l’habitude d’y prier et à Kippour 1962 la Synagogue est à nouveau pleine.

Dès lors, une nouvelle communauté des "Tournelles" est née avec l’implication et l’aide bénévole des membres fondateurs de la commission administrative (cf. rubrique Commission Administrative) tandis que le bâtiment de la place des Vosges est aménagé en synagogue pour le rite achkénaze. Cette dernière est d’abord dirigée par le Rabbin Liché (dit Rabbin des déportés) avant que ce mandat ne soit assuré par l’actuel Grand Rabbin Kaufmann. 

Côté rue des Tournelles, les Rabbins suivants s'y sont succédé : Meyer Abraham Halevi (de 1963 à 1972, zal), Simon Morali (zal), Salomon Attiach (zal), Roger Touitou (de 1984 à 2004). Depuis 2005 le Rabbin Yves-Henri Marciano officie.
Les présidents ayant œuvré pour la communauté sont par ordre chronologique  : Gaston Cohen Ténoudji (zal, frère d'Edmond, de 1958 à 1966), Robert Cohen Ténoudji (zal, frère d'Edmond, de 1966 à 1994). Dès 1993 et jusqu'à maintenant c'est le professeur Marc Zerbib qui est président de la Synagogue des Tournelles.

 

Architecture

En 1872, Marcellin-Emmanuel Varcollier, élève de Baltard, architecte par ailleurs de la mairie du 18e, fut désigné pour la construction de la synagogue. Sa construction a été achevée en 1876.

La synagogue offre un exemple intéressant de l'emploi du métal dans la construction, grâce au travail réalisé par les forges et ateliers de Normandie qui, à cette époque, bénéficient du concours de l'ingénieur Gustave Eiffel.

De la façade de la rue des Tournelles, ornée d'un vitrail en rosace, se détachent des sculptures représentant les rouleaux de la Loi avec un texte en hébreu.

Au centre, deux écussons de la ville de Paris attestent du titre de propriété de la synagogue qui fait partie du domaine public municipal, en raison de la contribution financière apportée par la ville au moment de la construction.

À l'intérieur, le péristyle ouvre sur une nef de 21 mètres de largeur terminée par une nef semi-circulaire où se trouve l'Arche sainte, protégée par une imposante double porte en fer forgé, qui abrite de nombreux Sefer Torah disposés côte à côte en demi-cercle. int1    

La synagogue comporte deux étages. Par son volume, cette synagogue est la deuxième plus grande de Paris, après celle de la rue de la Victoire

La synagogue est classée monument historique depuis le 29 décembre 1987.

 

Ci-dessous la vue sur l'orgue de la synagogue.

L’arche de voûte au-dessus de l’orgue épouse le biais de la rue et servit en termes architectural de test pour l’architecture des voûtes de la base de la tour Eiffel.

 

 

   

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Archives

 

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A gauche un mariage, à droite un autre mariage avec les rabbins Morali et Attiach.

 

Certaines photos sont extraites du livre de Paul Attali "Les Tournelles une grande synagogue parisienne".


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